ENS de Maroua: faire du propre avec du sale

Il y a quelques temps, on apprenait sur le site officiel du Ministère de l’Enseignement Supérieur du Cameroun (et aussi ici) la création d’une école normale supérieure à Maroua, avec dans la foulée le recrutement des enseignants et le lancement des concours d’entrée en premier et second cycles.

Outre les questions légitimes qu’on aura pu se poser sur la faisabilité du programme annoncé, en raison notamment du très court délai entre le lancement de l’ENS et le démarrage effectif des cours, il y a un détail qui choque, intrigue et inquiète. Les frais d’organisation à payer par les candidats s’élèvent à 12.000 FCFA, à déposer à la BICEC, une banque locale. Or celle-ci réclame 4.000FCFA de « frais de transfert », soit le tiers du montant à déposer. En imaginant que les transferts se font par lots de 100, cela voudrait dire qu’à la BICEC, il faut payer 400.000FCFA pour transférer 1.200.000FCFA à l’intérieur du pays. Il y a manifestément quelque chose qui cloche.

Alors on peut se poser la question, surtout dans le contexte qui prévaut actuellement au Cameroun. Comment peut-on imaginer que le premier acte posé envers ceux à qui on va confier la formation de la jeunesse camerounaise (le fer de lance de la Nation, nous a-t-on dit) soit de les laisser ainsi à la merci d’individus peu scrupuleux? Quelle est donc cette mystérieuse alchimie qui permet de faire du propre en partant du sale?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s