St. James Infirmary

Je ne sais pas si c’est à cause du temps qui change, ou bien des allusions au temps passé, que j’ai ces derniers jours le souvenir de cette chanson qui me revient constamment.

St. James Infirmary. C’est un très beau blues, beau mais un peu triste tout de même. Je l’avais déniché tout à fait par hasard, il y a longtemps dans la discothèque de papa. Au départ, il m’a accompagné dans ces moments où tout seul on peut se permettre d’extérioriser ce qu’on est obligé de cacher devant tout le monde. Je passais des heures à écouter Louis Armstrong me dire:

let her go, let her go, God bless her

wherever she may be

she can look this wide world over

but she’ll never find a sweet man like me

C’est une de ces chansons qui traverse allègrement les décennies, en prenant un nouveau visage chaque fois qu’elle croise le talent d’un artiste. Languissante avec Louis Armstrong, elle est empreinte d’un brin d’insouciance et de légèreté avec Cab Calloway, elle devient entraînante sous l’impulsion de la guitare d’Eric Clapton.

Je vous laisse découvrir quelques unes de ses facettes.

J’aimerais faire…

des voyages.
Aller très vite, aller très loin.
J’aimerais voir tous les rivages
Des mers que je ne connais point.

Ce poème d’Ernest Perochon, chère lectrice, cher lecteur, je l’ai appris à une lointaine époque, il y’a maintenant ahem-années de cela.
Et si je le récite toujours de mémoire, c’est parce qu’il m’a marqué, comme rare chose ne m’a marqué depuis lors.
En effet, avec mon imagination débridée de gamin, je m’imaginais à l’époque voletant de rivages en rivages.
Imaginez que vous puissiez voyager non seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps. Je crois que cela chamboulerait bien de choses dans notre vie.
Il faudrait revoir toutes les lois de la physique.

Linux plus cher que Windows?

Linux est-il plus cher que Windows? Oui. Du moins c’est le résultat de plusieurs études que l’on retrouve sur Internet. Elles sont généralement réalisées par des « organismes très sérieux », et parfois même « indépendants », avec chaque fois la même conclusion: lorsqu’on tient compte des dépenses annexes, le TCO d’un système Linux revient plus cher que celui de l’équivalent Windows, malgré le coût d’acquisition nul ou presque du premier.

Regardons un peu de près deux de ces « études ».

Dans la première, on voit que Linux est 10 fois plus cher que Windows. Sauf que à bien y regarder, on a comparé un Linux installé sur un mainframe à un Windows installé sur un PC ordinaire, en prenant soin, bien sûr, d’y inclure le prix du matériel (sinon le résultat aurait pu être surprenant).

Dans deuxième, que l’on peut télécharger ici (c’est bizarre, le nom du site me dit quelque chose). Linux est encore plus cher. Mais erreur, on a comparé le coût d’un ordinateur sous Windows au coût de 16 ordinateurs sous Linux. Certes l’erreur est corrigée, mais le mal est fait; il y en a combien qui ont lu l’article et ne viendront pas lire le rectificatif?

Le but ici n’est pas forcément de prendre parti pour Windows ou Linux, mais de dénoncer ce genre de pratiques, hélas assez courantes, qui en plus d’induire les consommateurs en erreur, peuvent porter gravement préjudice au produit à promouvoir.

Crise des subprimes: la suite

Je m’apprêtais à sous-titrer ce post « Et la fin? », suite au premier rejet par la Chambre des représentants du plan Paulson. Mais le Sénat a largement voté pour une version amendée du plan (74 voix contre 25), et tout porte à croire que lors du prochain passage à la Chambre, il va rattraper les 12 voix qui lui ont manqué au précédent vote.

Je pense que ce plan est utile, et va permettre de sauver ce qui peut dans ce foutu bazar. Mais la chose qui me hérisse le poil, c’est qu’on se dirige vers l’impunité zéro pour les responsables de la crise. Pire encore, il y en a qui après s’en être mis plein les poches avec les commissions sur ces crédits pourris, vont encore émarger au budget alloué au plan Paulson. La position de Paulson sur l’idée de limiter les revenus des dirigeants semble se résumer, si on traduit en parler de chez nous, à « on va voir ça après ». On sait bien ce que ça veut dire.

Ce qu’il faut noter aussi, c’est que la dernière crise dans laquelle ces génies de la finance ont plongé le monde ne date que de 2000, avec l’explosion de la bulle internet. Et on ne peut que s’inquiéter au regard des similitudes entre les causes des deux crises. D’un côté, des crédits accordés à des gens qui n’ont pas les moyens de payer, d’un autre une estimation grossièrement erronée de la valeur des sociétés de la netéconomie. Dans les deux cas, la décision, prise en connaissance de cause, de vendre sur le marché des produits dont la valeur est largement surestimée. A ce point là, ce n’est plus une erreur, c’est une faute. Cela ne devrait pas rester impuni.

Et comme dans les deux cas les responsables s’en sortent comme si de rien était, il y a fort à parier que d’ici la prochaine crise, ce n’est qu’une question de temps.

Je vous conseille vivement cet excellent documentaire réalisé par la chaîne 13e Rue, sur l’explosion de la bulle Internet.

Première partie

Deuxième partie

Fier d’être camerounais?

Lorsqu’on aborde ce sujet, très souvent on pense d’abord au football. A juste titre, et personnellement, j’ai deux évènements en mémoire qui le justifient. D’abord en octobre 2000, lors du match amical France-Cameroun, j’ai vu pour la première et la seule fois de ma vie, des journalistes français s’extasier devant un but encaissé par l’équipe de France, au stade de France. Ensuite lors de la coupe du monde qui suit, on attend le début d’un match dans la salle télé de ma résidence universitaire, lorsqu’il y a un but de Roger Milla à la coupe du monde de 1990 qui repasse. Et là, à ma grande surprise, je vois des gens bondir, s’embrasser et hurler de joie. Pour un but marqué douze années auparavant.

Ajoutons à cela l’art culinaire traditionnel camerounais qui a réussi à produire des plats tels que le ndolè, l’okok, le koki et le taro, qui sont pour moi des merveilles de la nature. Les particularités géographique, climatique et culturelle de ce pays qui en font une « Afrique en miniature ». Alors, on ne peut qu’être fier d’être camerounais. Et le makossa, et le bikutsi, et le mangambeu.

Et pourtant, il y a comme un malaise. Il y a comme un esprit malin qui s’acharne à nous distraire cette légitime fierté, en nous assaillant de questions auxquelles les réponses, ou l’absence de réponse, nous mettent mal.

Comment comprendre que dans un pays qui se dit pauvre, les sommes évoquées dans des affaires de détournements atteignent des sommets qui donnent le vertige? Comment comprendre que dans un pays qui se dit démocratique, on ne trouve pas d’autres moyens que de verser du sang pour calmer des revendications sociales, tout à fait justifiées du reste. Comment comprendre que dans un pays qui se veut être un havre de paix, des malfrats puissent tenir la population à leur merci pendant des heures sans qu’il ne leur soit opposé aucune résistance?

Sur le plan économique , le Cameroun est considéré comme la locomotive de la sous-région. Mais des camerounais se font molester dans les pays voisins sans que cela ne soulève la moindre réaction sur le plan diplomatique. Pire encore, des malfrats se permettent de venir du Tchad, du Nigéria nous attaquer sur notre propre sol. Ce qui était tout simplement impensable et inimaginable il y a encore quelques années. Et ils repartent les doigts dans le nez! On peut se demander dès lors ce que vaut notre armée, pourtant si prompte à verser le sang de nos compatriotes.

J’ai mal à mon pays, très mal et plus ça va, plus ça s’aggrave.