Unite or.. (2)

DIE!

(s’unir ou mourrir) – [2/4]

Laissez-moi vous parler un peu de mon enfance.
Mon père, quand il surprenait l’un de nous à pleurer, supposait que le pleureur était automatiquement la victime, et donc, celui qui l’avait fait pleurer se mangeait aussitôt des baffes. (Faut dire à sa ‘décharge’, que mon pater c’est le mec nerveux sur 220V en permanence. Avec lui, c’est ‘action?’, paff tsac crac! réaction!! Y’a pas trop à philosopher)
Son frère par contre prenait le temps d’écouter attentivement toutes les parties. Et ce n’est qu’après avoir bien compris comment on en était arrivé là que son verdict tombait. Parfois celui qui pleurait avait eu le temps de sécher ses larmes, puis repleurait une 2e fois suite à une taloche de mon onkal, parce que c’était lui le coupable. Loool, après on se foutait bien de lui.

Mais où est le rapport avec un état panafricain, se demanderont les uns,
Eddy est devenu complètement fou et hors-sujet, décréteront les autres.
C’est pas grave Eddy.des.petites, tu restes quand même notre Eddy, soupireront les petites..

Rassurez-vous, je suis pas surmené, mais bel et bien en plein dans le sujet.
Dans l’analyse de la situation africaine, beaucoup se comportent comme mon père et s’arrêtent aux apparences. Vous conviendrez avec moi que mon oncle a la meilleure stratégie. Il trouve une situation et ANALYSE l’HISTOIRE pour comprendre COMMENT ON EN EST ARRIVÉ LÀ!

Comment l’Afrique en est-elle arrivée là?
Quels sont les mécanismes qui nous y maintiennent?

Or en se plongeant dans le passé africain, on découvre une constante dans le « traitement » qui nous a été infligé: la division.

– Les chargements d’esclaves étaient « remixés », pour pas qu’ils se comprennent. division.
– Le premier acte de la colonisation a été le partage de l’Afrique à Berlin en 1884. division.

(c’est ainsi qu’on en arrive à des situations ubuesques où le même village se retrouve dans trois « pays » différents. Ou bien encore des frères qui se considèrent étrangers simplement parce que Berlin a décidé que l’un serait francophone et l’autre anglophone).
– quand le Mpodol est allé défendre le projet d’indépendance devant les nations unies*, la patrie des droits de l’homme blanc a dépéché une délégation parrallèle. division.
– quand il était question de signer ou pas les accords APE et que l’Afrique a dit « pas question », les (néo)colons ont adopté une stratégie bien connue: diviser.

En vertu de quoi devrions-nous garder ces divisions du passé, et, pire(!), bâtir dessus?
Pourquoi notre avenir et celui de nos enfants devrait-t-il reposer sur des chimères identitaires (francophone, lusophone, anglophone, monculphone,…) et des nationalités bidons (camerounais, ivoirien, sénégalais, gabonais, monculais, etc…) créées de toutes pièces par le colon?
Pourquoi rester dans les chaînes de la servitude alors que dehors nous attend la liberté, et entre autres la liberté de définir notre identité nous-même, sans que quiconque ne vienne nous dire ce que nous devrions être.

(à suivre)

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