Malheur au fils qui ..

Ne fait pas mieux que le père.

La plupart des lectrices et lecteurs reconnaitront sans aucune peine ce dicton africain. Mais je ne sais pas si tous en réalisent l’importance ou la portée. En fait, c’est la condition sine qua non d’évolution de toute société humaine.
Bien sûr on peut se contenter de prendre le dicton au pied de la lettre, et dire, voilà, l’enfant doit faire au moins aussi bien que ses parents qui l’ont mis au monde.

Mais je crois que l’esprit du dicton est bien plus subtil que cela. Le fils, l’enfant ici, c’est la generation actuelle et les parents la génération passée. Malheur donc à la génération qui ne fait pas mieux que la précédente.

Si vous êtes bon dans votre art, il est de votre DEVOIR de veiller à transmettre votre savoir. C’est pour cela qu’il m’arrive de pester contre ces musiciens africains, chevronnés, oui carrément maîtres de leur art, à qui il n’est jamais venu l’idée d’ouvrir une université des arts de la danse et de la musique, pour justement transmettre leur art et leur savoir(-faire) accumulé au cours des ans.

J’ai pris l’exemple des artistes, mais cela est valable pour tous.
Si pour une raison d’égo vous ne faites rien pour encourager la génération qui vous suit à vous dépasser, alors vous êtes un imbécile. Un imbécile qui n’a pas compris que si la génération qui vous suit n’est pas meilleure que vous, alors cela signifie que votre art regresse. Ou tout au moins, fait du sur-place.

Malheur au fils qui ne fait pas mieux que le père, car il pose les jalons de la régression de son peuple.
Dans 25-30 ans quand nous passerons le relais à la génération suivante, malheur à nous si n’aurons pas fait mieux que la génération de nos pères.

Une réflexion sur “Malheur au fils qui ..

  1. Tu as tout à fait raison. Je pense que culturellement, nous les africains préférons regarder passer le cours l’histoire que de la faire nous même. Nous en sommes encore à l’ère de nos parents où le Savoir était source de pouvoir…donc ceux qui le détenaient n’avaient aucun intérêt à le partager.
    J’ai d’ailleurs écrit récemment un article sur le paradoxe de la jeunesse africaine d’aujourd’hui: http://immigrechoisi.blogspot.com/2009/08/le-grand-paradoxe-de-la-jeunesse.html

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