Passage à vide

Comme avait dit l’autre, parfois il vaut mieux reculer pour mieux sauter. Et quel meilleur moment que l’approche des fins d’année; l’heure du bilan. Il fallait donc faire un bilan, ce qui a marché, pourquoi ça a marché, ce qui n’a pas marché, et pourquoi ça n’a pas marché. Et ensuite, prendre les bonnes résolutions. Mais ça, ça peut attendre; d’ailleurs l’année n’est pas vraiment finie, nessa?
Un bilan, c’est aussi l’occasion de faire un break, car comme a dit un célèbre blogueur, le corps n’est pas le fer. Question aussi de repartir avec un souffle nouveau, et des idées nouvelles.

Trêve de bilan, revenons à nos activités ordinaires, parce qu’il s’en est passé des choses dans le monde pendant que j’avais le dos tourné. Tony Musulin qui dribble des millions d’euros avec autant de dextérité que Messi dribble une défense adverse, la grippe A du virus pas du même nom qui entre information et désinformation finit par ne plus être dangereuse que parce qu’elle donne le tournis à la société, le gouvernement de France qui décide de plonger le bec dans la merde avec cette saloperie de débat sur l’identité nationale dont n’importe quel esprit à peu près sain ne saurait dire ce qui peut en sortir de bien, le Cameroun qui devient champion du monde de l’insécurité sur Internet, en attendant la coupe du monde de foot.

Mais tout ça finalement, c’est que des trucs normaux dans un monde normal. Ce qui a finalement retenu mon attention, c’est deux films récemment sortis dans les salles obscures. Non, non. À ceux qui ont manqué de s’étrangler avec la corde de leur clavier en lisant ça, je ne me lance pas dans la critique du 7e art. D’ailleurs les films en question, je ne les ai pas encore vus; ils ont juste attiré mon attention, comme je disais tantôt.

Lorsque j’ai entendu parler du premier, ça m’a tout de suite rappelé quand gamin, j’allais encore à l’école primaire. Sur le chemin du matin,  on trouvait de temps en temps un œuf cassé, avec plein de pièces de 5F à l’intérieur. Ce qu’on disait à l’époque, c’est qu’il fallait pas traverser par dessus, au risque d’être foudroyé par la mort dans les prochains jours. Dans The Box, ça se passe différemment: tu appuies sur un bouton, un inconnu meurt quelque part et tu touches $1,000,000.

Qu’aurait été ce scénario s’il avait été écrit par un blédard (expression que j’emprunte ici, juste le temps de cet article)? Au choix, tu « donnes » un parent et tu touches $1,000,000, tu marches nue dans la rue et tu touches $1,000,000, ou encore tu fais des trucs que ma mère m’en voudrait de décrire ici avec un serpent, et tu touches $1,000,000. Bref, les scenarii se multiplieraient à l’infini; et si le film a connu un flop relatif, c’est uniquement parce que le scénariste n’est pas allé travailler son histoire à la source. Évident, me direz-vous, et avec raison.

Le deuxième film m’a aussi rappelé des souvenirs, mais d’un autre type. Quand au lycée, je n’avais d’yeux que pour une fille qui n’avait d’yeux que pour un mec qu’elle vénérait pratiquement, sous prétexte qu’il a joué dans un film, et accessoirement qu’il avait une particule. Sacré Isaac de Bankolé, si j’avais pu te tenir à l’époque, je ne te dis pas le sale quart d’heure que tu aurais passé. Dire que j’ai même failli ajouter une particule à mon nom à cause de ça; qu’est-ce qu’on est con quand on est petit.

Mais tout ça, c’est du passé. J’ai maturé depuis, et j’ai pardonné. La preuve, j’ai été content de le voir à l’affiche de ce thriller psychologique et c’est avec plaisir que j’irai le voir. L’occasion aussi de découvrir le travail de ce Jim Jarmusch qui divise le monde du cinéma en deux.

4 réflexions sur “Passage à vide

  1. Quoique, notre célèbre blogueur, à en croire certaines photos🙂, est plus célèbre par son expertise bibinique.

    Citation: « À ceux qui ont manqué de s’étrangler avec la corde de leur clavier en lisant ça, je ne me lance pas dans la critique du 7e art.  » (fin de citation)

    Ouais j’en vois une qui avait déjà déchaussé son escarpin, dans la ferme intention d’user de son talon-aiguille contre un concurrent, critique de cinema, comme elle. Car nous savons bien que les femmes ont horreur de la concurrence. (.. que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, ..).

    Citation: « Quand au lycée, je n’avais d’yeux que pour une fille qui n’avait d’yeux que pour un mec qu’elle vénérait pratiquement, sous prétexte qu’il a joué dans un film » (fin de citation)

    Ah ca, frangin, je ne connais que trop bien! En 1re je n’avais d’yeux que pour une donzelle, de la classe d’à côté, qui elle n’avait d’yeux que pour un mec, qu’elle vénérait aussi, juste parce que le soiffard jouait d’un instrument de musique [Bon ok, c’est vrai qu’il était bon, et même très bon]. Et pour courroner le tout, ledit mec était en plus dans ma classe. Je ne compte plus les récrés où ca me démangeait de lui enrouler son keyboard autour du cou !!
    Mais comme tu dis si bien, le temps a fait son temps et son oeuvre apaisante.🙂

    Enfin bref, pour revenir au post, le passage à vide est parfois un bien. Comme le disait si bien une penseuse de mes connaissances: « Même le moteur de la ferrari s’arrête souvent! ».

  2. Hey ya!
    Ca fait un petit bout que je déserte, mille pardons mais la vie de Mbeng me fait trop de clés 14…
    Bon, en plus comme je suis sacrément fainéante, je comate…

    Sinon ça fait plaisir de te lire Ti Aya! Je n’ai pas encore vu les deux films dont tu parles, mais j’irais et ainsi on pourra confronter nos points de vue. En te lisant je me suis dit que si effectivement un réalisateur africain réussissait à mettre en image nos ‘croyances’, il aurait un sacré succès! Hum faire l’amour avec un boa et à la fin récupérer tranquillement son paquet de billets ou bien sortir de son 4×4 en plein marché, nue comme un ver pour en faire le tour ou vendre justement deux ou trois membres de sa famille pour qu’ils aillent travailler dans les plantations et au passage gagner une promotion…Rha la la le pays!
    De Jarmush, je ne connais que Night on Earth que j’avais vraiment aimé…Ce qu’on peut dire c’est que son style n’est pas commun, ce qui explique que les avis soient partagés…

    Mais non, quand on est petit on n’est pas con: on est terriblement candide…c’est différent. Comme ça Isaac de Bankolé t’a fait de l’ombre? DDL Assia j’espère que tu t’es rattrapé depuis, et que tu t’es même mbidiment mis au piano ou un truc du genre car c’est toujours très ‘dans l’air du temps’!

    Quand à l’actualité, faut vraiment faire le tri sinon ce n’est juste pas possible! Même si j’avoue avoir bien rigolé devant la gueule démontée de Berlusconi…beaucoup de fait divers dignes du ‘Nouveau Détective’ se multiplient…c’est triste.
    Et puis en ce moment qu’est ce qu’ils me gonflent avec Johnny Hallyday!!! Rha la la trop saoulant!
    Identité quoi? Pffffffff encore des foutaises. Ils n’arrivent pas à régler des problèmes basiques et ils s’engouffrent dans un débat ‘écoeurant’. Identité nationale par les personnes les plus ‘faux-cul’ qu’il m’est été donné de connaître dans ma vie! Pffffffffffffff
    Wèèè toi même tu sais: le Cameroun c’est le Cameroun! Quand j’ai lu l’article, j’ai ri jaune. C’est d’une tristesse…mais c’est la vie. Il faudra beaucoup de travail, de volonté et de patience pour rattraper le coche! Mais faut y croire et travailler dans ce sens, car le changement c’est nous!

    Tu as maturé? C’est bien ô! Tu as pardonné, c’est très bien ô! Tu as bilan ééé, ok je sors!

    Bon comment va la plus belle? Tu lui fais plein de bisous de ma part!

    @Eddy
    Mon ami, qu’est ce que tu m’as fait rire!!! Je me suis dabord demandé de qui tu parlais…DDL
    Hum je suis contre la violence ô et moi la concurrence me stimule plus qu’autre chose😉
    C’est comment Eddy des petites?

  3. On est là, la chérie d’autrui, on est là.
    Alors comme ca t’es contre la violence. *mbindi lapp en coin, genre, ouais je vois le genre de contre là*
    Moi qui récitait déjà le Notre-Père, donc j’ai fais ma dernière prière njoh?

    Mm si la vie te fait ses clé 14, il faut signer l’indien. Comme dit un philosophe, expert ès-ethanols très connu dans la blogosphere: keep charming, heu pardon, i mean, keep charging.

  4. Salut Lena!!
    Le plaisir est partagé. Un court passage sur twitter m’a convaincu que vu mon mode de travail, ce truc est plutôt une productivity-killer app. Du coup, ça fait que pour peu qu’on ne blogue plus, on ne se lit plus beaucoup. Pour un come-back sur ce blog, tu en en as vraiment fait un. J’apprécie.
    Je suis allé voir The Limits of Control, et je dois dire que j’ai trouvé le style un peu hermétique. Le film ne propose pas la classique intrigue avec un dénouement final, mais plutôt une sorte de voyage dans l’univers d’un tueur un peu particulier: pas d’arme, pas de sexe, une sorte d’anti James Bond en somme. Par contre, la BO et les décors sont magnifiques, et la prestation de De Bankolé mérite le détour.
    Autre raison pour laquelle j’ai apprécié aller voir ce film, le Cameroun est à l’honneur. D’abord parce que tout au long du film les protagonistes s’échangent leurs messages codés dans des boîtes d’allumettes Le Boxeur, made in Cameroun, donc, et à la fin, lorsque sa mission est accomplie, De Bankolé revêt un survet avec un drapeau et des griffures qui rappellent le maillot des Lions Indomptables.

    @Eddy
    Mais pourquoi ne naissons-nous pas direct avec l’expérience qu’on a aujourd’hui? Je te jure que cela nous épargnerait bien des mésaventures. Parce que maintenant, ces cas là se gèrent le doigt dans le nez. Heureusement.

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