Supplique pour être enterré

La Camarde qui ne m’a jamais pardonné
D’avoir semé des fleurs dans les trous de son nez
Me poursuit d’un zèle imbécile.
Alors cerné de près par les enterrements
J’ai cru bon de remettre à jour mon testament
De me payer un codicille.

Trempe dans l’encre bleue du Golfe du Lion
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion
Et de ta plus belle écriture
Note ce qu’il faudra qu’il advînt de mon corps
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord
Que sur un seul point: la rupture.

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Je suis noir et je ne donne pas mon manioc

– Bonjour Ti.

– Bonjour, comment vas tu?

– Ça va. Ça fait longtemps qu’on ne t’avait plus vu à la cafette.

– Ça fait longtemps que je n’étais plus venu à la cafette.

– C’est vrai.

– Tiens, c’est du poisson que tu as dans ton plat?

– Oui, c’est du bar.

– Du quoi?!

– Euh, du capitaine.

– Ah ok. Et qu’est-ce qu’il y a avec?

– De la saucisse de manioc.

– Connais pas.

– C’est normal. Personne ne mangerait ça ici chez vous. Il paraît que ça n’a aucune valeur nutritionnelle.

– Ah oui? Et pourquoi tu en manges?

– Parce que c’est très bon. Trop bon même, je dirais.

– Tu me donnes envie d’en goûter. Je peux t’en prendre un morceau?

– Non!! Pas touche!

– ??!!

– Désolé, mais je ne donne pas mon manioc!

CAN 2010: les lampions de la ..

fête se sont éteints.
Un bilan de cette CAN2010?

Stadium

Cabinda: ils nous ont gaché la fête.

Angola: ìam impressed! D’abord la CAN de Basket en 2007, puis la CAN de foot. Belles infrastructures, pays en passe de se relever, ou bien arbre qui cache la forêt?

Les lions: l’unique fois où j’ai eu du plaisir à regarder les lions, ce fut contre l’Egypte en 1/4 de finale. Je ne suis pas expert footballistique, mais je n’aurais pas fait sortir Emana.

Naif: ca ne veut RIEN dire, une équipe naive, un joueur naif, un jeu naif, c’est complètement débile d’utiliser « naif » dans le contexte du football. J’en ai marre d’entendre ce mot à la c.. en foot!

Egypte-Algerie: qui se découvrent des inimitiés. Faut arrêter la connerie.

Egypte-Algerie toujours: faut laisser l’arbitre tranquille. Ca se voyait que l’Egypte était un cran au dessus. Donc faut nous lepp ca.

Stades vides: je demeure persuadé que c’est évitable. Par exemple on pourrait distribuer gratuitement les billets qui ne trouvent pas de preneurs. En tout cas, mieux vaut faire cadeau de billets invendus, plutôt que de laisser les gradins vides.
Les spectatrices et spectateurs qui viennent voir le match, déjà paient leur déplacment, ensuite ils descendront sûrement une ou deux bibines sur place, peut-être même qu’ils se restaureront. Tout cela fait tourner l’économie.

Sanction(s) contre le Togo: c’est une honte, proprement scandaleux. On ne peut que secouer la tête d’incomprehension. Je crois que la CAF vient de démontrer là qu’elle fûme le meilleur chanvre de toute la région. Je parie qu’ils se font livrer directement de Colombie.

À quoi pourrait ressembler l’Afrique ..

dans cent ou deux cents ans?

AfricaRassurez-vous, je n’ai pas de boule de cristal dans laquelle lire le futur. Neamoins, je me suis amusé à « prédire » ce qui pourrait arriver à l’afrique dans un futur proche.
Voici mes scénarios des deux prochains siècles pour l’Afrique, classés du pire au meilleur

tank at war[*] Les ressources naturelles se faisant de plus en plus rares, cela conduirait à une avalanche de guerres par procuration (proxy wars) en Afrique entre la Chine et l’Occident. En tout cas, on peut être sûr que les raisons ne manqueront pas d’occupper « notre » territoire et nous embarquer dans des guerres, avec leur cohorte de destruction, de haine, de tests sur nous, notre faune et notre flore, de tout type d’arme nucléaire, biologique, chimique etc, achevant de nous décimer.

[*] L’Afrique (re-)devient une gigantesque colonie à ciel ouvert, pourvoyeuse de matières première et de main d’oeuvre désespérée et bon marché. les populations vivent parquées dans des réserves et n’en sortent que pour aller travailler. Les terres, les usines, appartiennent à des multinationales qui gèrent également l’administration des réserves. Tout autour des réserves, des enclos électrifiés gardés par des employés de multinationales et assimilés – du style de blackwater – empechent les damnés de la terre de se mouvoir en dehors.

An African Queen[*] Les africains réussissant à se défaire des divisions coloniales et des craintes d’on ne sait trop quoi, comprennent que l’unique salut réside dans l’union, et réussissent tant bien que mal, à s’organiser soit en une seule nation (l’idéal), soit en 3 ou 4 nations regionales (mieux que la situation actuelle), avec un marché interieur africain financant et développant un tissu industriel africain, qui à son tour, crée, renforce et protège une véritable independance africaine.

Et de 100

Enfin, nous y sommes. Le Ti’Blog a passé il y a quelques temps, de façon laborieuse et poussive, la barre symbolique des 100 articles.  L’occasion pour moi de saluer mon compagnon de route – j’ai nommé le bien nommé Eddy de les Mignonnes -, et d’avoir une pensée pour tous ceux qui ont pris la peine de laisser un mot ici. En temps normal, ce serait aussi l’occasion de faire un bilan, mais comme ce serait pour dire, comme Popol, qu’à la création de ce blog il y avait aucun article et qu’aujourd’hui, il y en a plus de 100, alors je pense qu’il vaut mieux se passer de bilan.

Par contre s’il est une question à poser, c’est de savoir de quoi sera faite l’année 2010. Pas (encore) de grandes ambitions; il sera d’abord question de faire vivre les projets existants. Maelys, Doomedo, et le Ti’Blog, bien sûr. Ensuite, puisqu’il faut bien avancer, j’annonce comme ça un nouveau projet en cours de gestation, et dont le nom de code est Le Codex. À suivre, donc.

Pour terminer, je n’ai pas eu l’occasion en début d’année d’adresser mes vœux à vous, lecteurs. J’espère que cette année a bien commencé, qu’elle se poursuivra, et ensuite se terminera de la meilleure des façons qui soit. Sans vous ce blog ne serait pas ce qu’il est, et je vous suis reconnaissant pour cela.

Passage à vide

Comme avait dit l’autre, parfois il vaut mieux reculer pour mieux sauter. Et quel meilleur moment que l’approche des fins d’année; l’heure du bilan. Il fallait donc faire un bilan, ce qui a marché, pourquoi ça a marché, ce qui n’a pas marché, et pourquoi ça n’a pas marché. Et ensuite, prendre les bonnes résolutions. Mais ça, ça peut attendre; d’ailleurs l’année n’est pas vraiment finie, nessa?
Un bilan, c’est aussi l’occasion de faire un break, car comme a dit un célèbre blogueur, le corps n’est pas le fer. Question aussi de repartir avec un souffle nouveau, et des idées nouvelles.

Trêve de bilan, revenons à nos activités ordinaires, parce qu’il s’en est passé des choses dans le monde pendant que j’avais le dos tourné. Tony Musulin qui dribble des millions d’euros avec autant de dextérité que Messi dribble une défense adverse, la grippe A du virus pas du même nom qui entre information et désinformation finit par ne plus être dangereuse que parce qu’elle donne le tournis à la société, le gouvernement de France qui décide de plonger le bec dans la merde avec cette saloperie de débat sur l’identité nationale dont n’importe quel esprit à peu près sain ne saurait dire ce qui peut en sortir de bien, le Cameroun qui devient champion du monde de l’insécurité sur Internet, en attendant la coupe du monde de foot.

Mais tout ça finalement, c’est que des trucs normaux dans un monde normal. Ce qui a finalement retenu mon attention, c’est deux films récemment sortis dans les salles obscures. Non, non. À ceux qui ont manqué de s’étrangler avec la corde de leur clavier en lisant ça, je ne me lance pas dans la critique du 7e art. D’ailleurs les films en question, je ne les ai pas encore vus; ils ont juste attiré mon attention, comme je disais tantôt.

Lorsque j’ai entendu parler du premier, ça m’a tout de suite rappelé quand gamin, j’allais encore à l’école primaire. Sur le chemin du matin,  on trouvait de temps en temps un œuf cassé, avec plein de pièces de 5F à l’intérieur. Ce qu’on disait à l’époque, c’est qu’il fallait pas traverser par dessus, au risque d’être foudroyé par la mort dans les prochains jours. Dans The Box, ça se passe différemment: tu appuies sur un bouton, un inconnu meurt quelque part et tu touches $1,000,000.

Qu’aurait été ce scénario s’il avait été écrit par un blédard (expression que j’emprunte ici, juste le temps de cet article)? Au choix, tu « donnes » un parent et tu touches $1,000,000, tu marches nue dans la rue et tu touches $1,000,000, ou encore tu fais des trucs que ma mère m’en voudrait de décrire ici avec un serpent, et tu touches $1,000,000. Bref, les scenarii se multiplieraient à l’infini; et si le film a connu un flop relatif, c’est uniquement parce que le scénariste n’est pas allé travailler son histoire à la source. Évident, me direz-vous, et avec raison.

Le deuxième film m’a aussi rappelé des souvenirs, mais d’un autre type. Quand au lycée, je n’avais d’yeux que pour une fille qui n’avait d’yeux que pour un mec qu’elle vénérait pratiquement, sous prétexte qu’il a joué dans un film, et accessoirement qu’il avait une particule. Sacré Isaac de Bankolé, si j’avais pu te tenir à l’époque, je ne te dis pas le sale quart d’heure que tu aurais passé. Dire que j’ai même failli ajouter une particule à mon nom à cause de ça; qu’est-ce qu’on est con quand on est petit.

Mais tout ça, c’est du passé. J’ai maturé depuis, et j’ai pardonné. La preuve, j’ai été content de le voir à l’affiche de ce thriller psychologique et c’est avec plaisir que j’irai le voir. L’occasion aussi de découvrir le travail de ce Jim Jarmusch qui divise le monde du cinéma en deux.

Le monde va mal!

Et quand je dis mal, il faut comprendre vraiment mal. C’est très grave, ce qui arrive.

Rendez-vous compte, jusqu’ici on vivait dans un monde où tout était bien carré, bien défini. D’un côté, on avait les gentils, et on savait tous qui c’est. De l’autre, on avait les méchants, et on savait tous qui c’est. C’était sans équivoque. Quand un méchant disait ou faisait quelque chose, forcément c’était mal. S’il vous disait bonjour dans la rue, ou s’il vous proposait une quelconque aide dont vous aviez besoin, vous pouviez alors hurler à l’infamie sur tous les plateaux télé, et même aller porter plainte sur l’un des motifs quelconque de racisme, d’antisémitisme ou de nazisme, avec la quasi-certitude sinon d’avoir raison, ou du moins d’avoir tout le peuple des bien-pensants derrière vous. De même, si d’aventure un gentil vous faisait une remarque désobligeante sur votre odeur, votre religion ou encore votre présence dans son pays, alors forcément c’était bien. Normal, puisque c’est un gentil. Surtout, il ne fallait pas se plaindre, au risque de passer pour quelqu’un qui se plaint tout le temps pour rien.

Tout allait donc ainsi, lorsque deux des hommes les plus méchants que cette terre ait jamais porté (ne me demandez pas ce qu’ils ont fait, j’ai juste entendu dire ça à la télé), j’ai cité Mouammar Kadhafi et Mahmoud Ahmadinejad, ont défrayé la chronique. Le premier avec son discours à la tribune de l’ONU, le second avec sa réplique à Nicolas Sarkozy. Moi qui regarde les tribulations des politiques d’assez loin, je m’attendais juste à entendre, comme d’habitude, les échos du vacarme des protestations. Mais à ma grande surprise, je découvre au milieu du vacarme des voix dissonantes. Là, des éloges à Kadhafi, et là des acquiescements à Ahmadinejad dans les commentaires, même si beaucoup avouent ne pas être fans à donf.
Bigre!! Cela voudrait dire, quand on y pense, que nos chers démocrates ont tant et si mal fait les choses, que le peuple commence à trouver du bon dans  l’axe du mal. Le monde va mal, que je vous dis!

Au Cameroun, les nouvelles ne sont pas plus réjouissantes. On apprend dans la presse en ligne, que des militaires ont semé la panique dans le quartier Nylon, à Douala. Motif, un collègue aurait été agressé dans le coin, et le malheureux serait hospitalisé dans un état grave. Alors, nos braves militaires descendent dans le quartier, et tabassent tout ceux qu’ils rencontrent sur leur chemin. Dans les médias, La nouvelle passe incognito dans la rubrique des faits divers, et pourtant, je trouve qu’il y a tout de même une limite qui a été franchie dans le non sens. Au départ, les militaires sont sensés protéger les populations. Mais dans la réalité, c’est plutôt difficile de compter sur eux en cas d’attaques de malfrats. Ensuite, on en trouve qui sont complices de ces bad boys à qui ils prêtent leurs armes. Et maintenant,  ils s’en prennent aux populations lorsqu’ils sont victimes.
Je n’arrive toujours pas à comprendre le message qu’ils voulaient passer par cet acte. Est-ce aux populations de protéger les militaires? Ou alors quand on habite le quartier Nylon, c’est qu’on est forcément un gangster? Ou alors il s’agit simplement de farce de l’ordre?